• Un poème.de CLAUDE CHATRON-COLLIET..

    Enfants

    Notre Dame de Gourette

     

    Enfants

     

    Enfants du Port de Tanger

    Nés dans le parfum des Fleurs d’orangers

    Qui « Brûlent » la vie,

    Sous les colonnes d’Hercule,

    Afin d’éviter la misère,

    Et faire comme leurs Frères.

     

     

    Pauvres des plus pauvres,

    Petits des plus petits,

    Démunis des plus démunis,

    Je ne ferme pas mes yeux la nuit,

    Sans vous caresser le front.

    Je viens, dans votre sommeil,

    Laver vos pieds brûlés de mes larmes salées,

    Et vous demander pardon :

    De ce que le monde vous porte de tant d’indifférence.

    Je demande votre indulgence.

    De ces lits de pierres,

    De ces chagrins amers,

    De vos ventres creux et ronds,

    De vos petits cœurs serrés à ne plus respirer,

    De ces pentes ardues et de tous ces déserts

    Que vous traversez au cœur de l’innocence sacrée.

     

     

    Enfants du Darfour

    Roses du désert,

    Quand vos ventres affamés se rongent,

    Même dans vos songes,

    Que vos lèvres déshydratées se collent,

    Et que vos cris se murent,

    Dans vos corps épuisés.

    Le silence s’exhale,

    Plus rien ne sort de vos bouches,

    Sinon les mouches qui dévorent.

    Ce qui de vous,

    Reste vivant.

     

     

    Pauvres des plus pauvres,

    Petits des plus petits,

    Démunis des plus démunis,

    Je ne ferme pas les yeux la nuit,

    Sans rafraîchir vos fronts, de mes larmes salées,

    Et requiers votre pardon,

    De ce que le monde vous porte de tant d’indifférence.

    Je demande votre indulgence :

    Pour la terre stérile,

    Pour la guerre des hommes.

    Pour l’absence de mon eau,

    Que les haines scellées

    Ont fait oublier de capter.

    De l’ombre de la mort,

    Dont vous êtes la proie,

    Et qui vous guette,

    Satisfaite,

    Au jour de vos yeux éclos,

    Et les clôt, sans foi

    A mon grand désarroi.

     

     

    Enfants de Manille et d’Afrique…

    Fleurs de mes tropiques,

    Vendus pour leur chair,

    Avec l’accord de leur pères.

    Quand vos ventres torturés se tordent,

    Que votre intimité est souillée,

    Que vos âmes se sentent abandonnées,

    J’ai envie de hurler.

    Pauvres des plus pauvres,

    Petits des plus petits,

    Démunis des plus démunis,

    Je ne ferme pas mes yeux la nuit,

    Sans recouvrir vos corps d’or et de lumière,

    Apaiser vos sanglots,

    Lénifier vos plaies,

    Des mots de mes prières.

    Qu’on me donne la force

    De lutter contre les portes closes

    Devant des tombeaux,

    Les lambeaux de vos chairs.

    Je vous demande infiniment pardon

    De ce que le monde vous porte de tant d’indifférence.

    A genoux,

    Je quémande votre indulgence,

    Des coups portés sur vos bras,

    Des mariages forcés,

    Du commerce que vous représentez,

    Du crime et du viol de votre transparence.

    Mon cœur est arraché.

     

     

    Enfants des Favelas, de Moscou à Bogota…

    Fleurs d’Aloé Vera,

    Sous les trottoirs retranchés,

    Dans le froid des cœurs

    Chassés comme des rats,

    Au fusil, à l’artillerie,

    Jetés dans les poubelles

    A la pelle.

    Qui vous a donné l’ « arme [1]»,

    Avec laquelle on vous a assassinés ?

    Enfants d’Inde, de Chine et du Pakistan…

    Fleurs de Lotus et de Pavot

    Lorsqu’il fait si chaud,

    Dans vos ateliers les yeux usés,

    Sans commencement ni fin,

    Que vos petits doigts agiles et feutrés,

    Se figent,

    Et que vos yeux se gonflent et vous plongent dans les songes,

    Réveillés par le fouet, vous êtes maltraités.

    Enfants des pays de l’Est et de l’Orient

    Fleurs des semailles et des moissons

    Quand de vos corps on extrait,

    La matière de votre chair « viviséquée »

    Pour négocier sur les marchés.

    Se peut il qu’on ignore

    L’âme que Dieu vous a donné

    Et que vous êtes de toutes ses créations

    La plus sacrée?

    Enfants de France,

    Fleurs de liberté, d’égalité, de fraternité

    Dans un placard caché

    La lèvre fendue,

    Le corps meurtri, violé, brûlé, battu

    Exterminé

    Par ignorance et cruauté

    Dans un canal ou un fossé.

     

     

    Pauvres des plus pauvres

    Petits des plus petits,

    Démunis des plus démunis

    Je lève les yeux vers le ciel

    Et contemple la Voie Lactée,

    Chacun de vous est une étoile à qui j’envoie un baiser,

    Sachez du fond de vos misères,

    Que je ne ferme pas les yeux la nuit sans venir vous border,

    Laver vos corps souillés,

    Adoucir vos peurs,

    Inhaler dans vos âmes,

    Le sens de l’Espérance.

    J’entends vos voix qui montent,

    Du fonds des mines,

    Des radeaux de papiers,

    De Morfondé[2] (2)

    Depuis les ghettos, les caravanes et les châteaux.

    Je recueille en silence, désespérée,

    Le cri strident de vos chants,

    Jusqu’à l’agonie.

    Mes larmes de sel sont devenues de sang.

    Je les adresse au monde entier

     

    Claude Chatron-Colliet©2007

     

    Texte protégé SGDL France

     Allez voir son blog ,de très beaux textes  et poèmes..

    http://leseauxvives.blogspirit.com/ 

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  • Commentaires

    1
    Samedi 26 Mai 2007 à 18:44
    marilou
    ce texte est trés beau en le relisant une deuxième fois il vous prend les tripes
    Marilou
    2
    Samedi 26 Mai 2007 à 21:06
    Patrick
    Ta photo est magnifique,le poème aussi.
    Bonne soirée Marie Claude.
    3
    Dimanche 27 Mai 2007 à 00:10
    Lilou
    Jolie photo quand au texte que dire d'autre que magnifique ... vraiment.bisous
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    4
    Dimanche 27 Mai 2007 à 07:11
    Superbe !
    bises et bon dimanche {sous la pluie}
    françoise
    5
    Dimanche 27 Mai 2007 à 07:48
    francoise oleron
    Joli poème pour les enfants

    Gros bisous
    Françoise
    6
    Dimanche 27 Mai 2007 à 17:34
    cocole
    c'est énorme!!!
    merci!
    7
    Lundi 28 Mai 2007 à 07:06
    francoise oleron
    Bisous de ce lundi sous la tempête et la pluie

    Françoise
    8
    Lundi 28 Mai 2007 à 07:08
    Bonne Semaine, bises
    françoise
    9
    Mardi 29 Mai 2007 à 04:27

    Beau poeme, c'est tres émouvant
    bon mardi

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